Retards de paiement : pourquoi le cycle Invoice-to-Cash devient un enjeu brûlant pour les entreprises françaises ?
En France, 86 % des entreprises ont subi des retards de paiement au cours des douze derniers mois, selon l’étude Coface 2025. Avec un délai moyen de paiement à 49,7 jours et des défaillances d’entreprises à un niveau record, la gestion du poste clients n’est plus un sujet purement comptable. C’est devenu, pour beaucoup de directions financières, une question de survie.
Des retards de paiement qui fragilisent tout le tissu économique
Les chiffres sont éloquents : dans les huit premiers mois de 2025, plus de 42 000 défaillances d’entreprises ont été enregistrées, un niveau supérieur de 37 % à celui d’avant-Covid. Derrière ces statistiques, ce sont 173 000 emplois et 3,6 milliards d’euros de dettes fournisseurs qui sont en jeu. Les micro-entreprises sont les plus exposées, avec des retards atteignant parfois 44 jours, contre 36 jours pour les grandes structures.
Un début d’amélioration se dessine toutefois : au premier semestre 2026, la France retrouve son meilleur niveau de comportements de paiement depuis trois ans, selon Altares, avec un retard moyen européen ramené à 13,1 jours. Un signal encourageant, mais qui ne doit pas masquer la fragilité structurelle du problème. Un tiers des TPE-PME gère encore ses factures manuellement ou via des outils non spécialisés, ce qui laisse une marge de progression considérable.
L’automatisation du cycle I2C, un levier concret pour les directions financières
Face à cette réalité, l’optimisation du cycle Invoice-to-Cash (I2C) s’impose comme un chantier prioritaire. Ce cycle recouvre toutes les étapes entre l’émission d’une facture et l’encaissement effectif : relances, gestion des litiges, lettrage comptable, suivi du risque client. Autant d’opérations chronophages qui, lorsqu’elles restent manuelles, génèrent des erreurs, des délais et une visibilité insuffisante sur la trésorerie réelle.
Cashontime est une plateforme I2C pilotée par l’intelligence artificielle, destinée aux entreprises à forte volumétrie de factures et aux structures multi-sites. Elle couvre neuf modules, du scoring de risque client aux relances multicanales automatisées, en passant par le lettrage comptable et un portail de paiement en ligne pour les clients. La plateforme revendique notamment 70 % des tâches I2C automatisées et une réduction des litiges pouvant atteindre 40 %, des chiffres issus de ses propres communications. Elle compte plus de 600 clients dans le monde, parmi lesquels Manpower, Loxam ou GL Events, et s’intègre aux principaux ERP du marché (SAP, Oracle, Sage, Microsoft Dynamics).
Si la cible principale reste les ETI et les groupes, la logique d’automatisation du poste clients concerne de plus en plus d’entreprises de taille intermédiaire, surtout dans un contexte réglementaire qui évolue rapidement.
La facturation électronique, accélérateur inattendu de la transformation
Depuis le 1er septembre 2026, la réception de factures électroniques est obligatoire pour toutes les entreprises françaises. L’émission le deviendra pour les PME et micro-entreprises à partir du 1er septembre 2027. Cette réforme, souvent perçue comme une contrainte administrative, peut en réalité servir de déclencheur pour repenser l’ensemble du cycle de facturation et d’encaissement.
La dématérialisation des flux impose une structuration des données qui rend l’automatisation beaucoup plus facile à mettre en place. Pour les entreprises qui n’ont pas encore engagé cette transformation, le calendrier réglementaire offre une fenêtre concrète pour agir, sans attendre que les retards de paiement pèsent davantage sur leur trésorerie.







